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Voici un portrait rédigé à titre d'exercice amical par un journaliste.
 
Je lui laisse la responsabilité de ses écrits ; à vous de juger.
 
Mais, à propos, de quel journaliste s'agit-il? Je vous laisse deviner!
 
Désolé, il 'y a rien à gagner, sauf le plaisir d'échanger des messages en utilisant mon adresse xaviergivelet@yahoo.fr
 
 
 

Xavier Givelet : L’accord parfait



Professeur de piano et concertiste professionnel de formation, Xavier Givelet est aujourd’hui administrateur civil, en charge de l’équipe internationale à la DIACT (Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires). Un parcours peu commun qui marie notes de synthèse et notes de musique.



 

 

 

 

Costume cravate, sacoche à la main : tous les matins, Xavier Givelet se fond parfaitement parmi les travailleurs parisiens dans le métro. Et pourtant, sous cet uniforme du parfait haut fonctionnaire se cache un artiste. L’époque des cheveux longs est bel et bien révolue, mais l’âme de Xavier Givelet vibre toujours au son des notes qu’il a l’habitude de produire avec son piano .


Adolescent, il écoutait les Beatles, comme tous les jeunes du lycée Mariette à Boulogne-sur-mer. « On apprécie la musique qu’on garde en mémoire, la musique classique, c’est plus compliqué. L’oreille doit être éduquée, formée. On ne peut pas tout de suite aimer des oeuvres complexes », analyse Xavier. C’est donc sa mère qui lui fait découvrir la musique classique et le pousse à l’apprentissage du piano. Les débuts sont difficiles mais voilà Xavier lancé sur les traces de sa grand-mère, également pianiste. Xavier explique que « le déclic est venu avec Charles Eloffe qui a été [son] professeur. C’est ensuite l’obtention d’un prix en 1975 qui [lui] a donné l’idée d’en faire [sa] carrière. »


C’est donc tout naturellement que Xavier décide de passer le certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de formation musicale qu’il obtient en 1978. Il enseignera alors à Caen avant de se tourner vers des tâches plus administratives. Conseiller aux études à l’école municipale de musique de Châtellerault puis conseiller aux études de l’Ecole Nationale de Musique de Beauvais, il crée ensuite l’école de musique de Noyon à la demande du maire de l’époque, Pierre Dubois.


Parallèlement à l’enseignement, Xavier Givelet parcourt les festivals en tant que concertiste.

Pour ce faire, il continue à étudier avec France Clidat puis Milosz Magin. Il gardera une profonde amitié avec le pianiste polonais avec lequel il créera en 1984 l’association des amis de la musique polonaise qui organise tous les deux ans un concours international de piano.

Il est auditionné en 1982 par Georges Cziffra qui l’engage dans sa fondation pour une série de concerts.

En 1982, il rencontre le compositeur Antoine Tisné qui l’initie à la musique contemporaine. Ce dernier composera « Bocéphal », une œuvre pour deux pianos qu’il dédia à Xavier Givelet et Marie-Claude Chevalier. Les deux pianistes interprèteront l’œuvre au festival MANCA de Nice en février 1984 puis au centre Georges Pompidou avec une chorégraphie de Janine Charrat. L’œuvre fera l’objet d’un enregistrement pour la télévision ainsi qu’un 33 tours, récompensé par la revue spécialisée Diapason.


Afin de se perfectionner dans ses tâches administratives, le secrétaire général de la mairie de Noyon lui demande de suivre des formations. Xavier Givelet décide alors de préparer l’ENA.


« Avouez le, c’est un pari entre copains ? »


Un pianiste à l’ENA, c’est peu courant. « Ça faisait rigoler ! », se souvient Xavier. Un des membres du jury s’est même interrogé sur le sérieux de sa candidature. « Avouez le, c’est un pari entre copains ? Vous êtes un artiste, qu’est-ce que vous faites là ? », lui avait-il demandé lors du grand oral.

 


 

Et le pari qui n’en était pas un est réussi pour Xavier. A l’ENA, il découvre un monde bien différent des conservatoires. Lorsque les professeurs leur demandent quel cursus ils avaient suivi avant de venir sur les bancs de la prestigieuse école, les réponses de ses camarades étaient bien souvent les mêmes : HEC, polytechnique ou Sciences Po. « J’ai préféré dire que je n’avais rien fait ! » se rappelle Xavier. Finalement, son « statut » d’artiste amuse plus qu’il ne dérange. « Tout le monde trouvait ça sympa et original », raconte Xavier.

Durant sa scolarité à l’ENA, il obtient un stage au cabinet de Edward Heath où il écrira des discours pour l’ancien Premier ministre Britannique. Il partagera avec cet homme « original » l’amour de la musique. « Je me souviens surtout de ses imitations de Nixon en train de jouer du piano ! », confie Xavier.

Camarade de François Pérol et de Martin Hirsh au sein de la Promotion Jean Monnet, Xavier Givelet sera nommé Directeur de cabinet du Préfet de la Loire à sa sortie de l’ENA en 1990.


Il débute alors une carrière préfectorale : Secrétaire général de la préfecture de Troyes en 1994, Sous-préfet à Romorantin-Lanthenay en 1991 et à Sens en 1999.

Entre-temps, Xavier Givelet fera une courte parenthèse au ministère des Finances en tant qu’inspecteur des finances, travaillant notamment sur l’affaire du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) au Pérou avant de devenir chef du bureau des affaires budgétaires au ministère de l’Intérieur en 1998.

« Je n’ai jamais abandonné la musique »


Européen convaincu, Xavier Givelet se sent concerné par l’élargissement de l’UE en 2004. Sa volonté d’agir l’emmène en Pologne, un pays qu’il porte dans son cœur, en tant que conseiller pré-adhésion au ministère de l’Economie, du travail et de la politique sociale de Pologne. Il aidera ainsi les Polonais à coordonner leur système administratif de 2002 à 2004.

Il réitère l’expérience, mais cette fois plus en amont en aidant entre 2005 et 2006 la Serbie à se préparer à sa candidature.

Il est aujourd’hui conseiller à la DIACT, en charge de l’équipe internationale. Un poste qui l’amène souvent à voyager en Europe mais aussi en Afrique et en Asie.


Tourné vers l’international, Xavier Givelet n’oublie pas pour autant ses attaches. En 2007, un groupe d’agriculteurs de Vérosvres, son village d’adoption en Saône-et-Loire, vient voir le « sous-préfet », son surnom dans ce bourg de 400 habitants, pour revitaliser la commune. Le projet intéresse Xavier. Malgré un enthousiasme et une vague de curiosité autour de sa liste, son équipe n’est pas élue.

Xavier Givelet offre finalement ses compétences à l’aménagement du territoire au comité Balladur (*). Il est en effet appelé en 2008 par Dominique Perben pour l’aider au sein de la commission finance. Après la remise du rapport au gouvernement, Xavier Givelet aidera ensuite à la mise en œuvre des mesures qui seront prises par celui-ci.

 


 

S’il s’est dirigé vers une carrière administrative, Xavier Givelet n’a pas pour autant délaissé sa passion pour la musique. « Je n'ai jamais eu vraiment le sentiment d'abandonner la musique », avoue-t-il. Il continue ainsi de donner des concerts quand son emploi du temps le lui permet. Il jouera ainsi pour la troisième année consécutive cet été au château d’Angers pour le 600ème anniversaire de la naissance du roi René.

Et quand il ne joue pas, Xavier Givelet invite des pianistes de renommée internationale. Jean-Marc Luisada et Marc Laforêt ont ainsi joué à Sens et à Troyes. Une aubaine pour ces villes qui n’auraient sans doute pas pu profiter de ces deux talents sans le pianiste énarque !



P G


* Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions